Transmédia

Modifier les habitudes de lecture par une navigation incertaine, instaurer un nouveau rapport à l’auteur, permettre au lecteur de basculer du texte à une lecture audio, concevoir des fictions sans chercher à rivaliser avec la lecture d’un livre mais en s’en démarquant tout à fait, proposer une véritable écriture multimédia, développer l’écriture en fonction du numérique, non plus simplement connectée, mais combinatoire.

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Un livre numérique s’écrit à plusieurs. L’individualité de celui qui crée se trouve renforcée par le projet collectif dans lequel il s’inscrit, s’intègre, trouve sa place, et c’est par cette association, cette collaboration, ce partage, que l’écrivain trouve l’opportunité de se dépasser et de créer une œuvre que seul il n’aurait pas eu les moyens (économiques, techniques, structurels) de concevoir et dont le lecteur est au final lui aussi un des auteurs.

Interroger ce qu’on peut faire avec le livre numérique, qu’on ne peut pas faire avec l’imprimé, l’aborder dans ses spécificités techniques et le nouveau paradigme de lecture auquel il nous confronte plutôt que reproduire le livre imprimé. Comment l’écriture d’un texte évolue-telle réellement en fonction de son mode de diffusion ?

Comment l’écriture d’un texte évolue-t-elle réellement en fonction de son mode de diffusion ? Les lignes de désir est un projet d’édition est protéiforme qui interroge ce qu’on peut faire avec le livre numérique, qu’on ne peut pas faire avec l’imprimé, l’aborder dans ses spécificités techniques et le nouveau paradigme de lecture auquel il nous confronte plutôt que reproduire le livre imprimé.

Il s’agit donc d’un texte hybride dont la publication ne retiendra qu’une sélection aléatoire dans l’ensemble des fragments écrits :

Un livre imprimé, édité par un éditeur qui ne retiendrait qu’une sélection aléatoire dans l’ensemble des fragments écrits (et à chaque nouvelle impression, une nouvelle version créant ainsi autant de versions collectors de ce récit).

Une version numérique du texte diffusée sur Publie.net (avec tirage aléatoire du récit) et version imprimée à la demande.

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Une version sous forme de cartes à jouer (tirage limité façon livre d’artiste), à partir d’une sélection de textes ayant pour thème le visage (série en cours d’écriture : Des Visages des Figures (Du don des nues)).

78 fragments d’un texte à battre comme un jeu de cartes et dont le mélange fabrique un récit qui repose sur un tableau imaginaire, une abstraction de la forme romanesque avec une structure non-linéaire, que le lecteur peut aborder comme une forme de bricolage, à la manière d’un puzzle ou d’un portrait-robot, par juxtaposition de pièces et de calques. Lecture en mode aléatoire des fragments du récit.

Une femme disparaît du jour au lendemain, son compagnon après l’avoir cherché dans tout Paris, évoque le souvenir de son visage, de ses masques et de ses fantômes,  toutes les formes fugitives d’apparition de son visage confirmant peu à peu son effacement dans sa mémoire.

C’est l’histoire d’un homme marqué par le visage de sa femme disparue.

L’ouvrage, composé de 78 cartes à jouer (nombre de cartes au tarot, en référence au Tarot divinatoire dont les cartes ne servent qu’à choisir un oracle au hasard et n’ont aucune signification par elles-mêmes), est édité en tirage limité à 365 exemplaires et vendu comme un livre d’artiste.

Dans un coffret en carton, les pages du livre sont présentées sous la forme de cartes à jouer. Sur le côté face : le texte. Sur le côté pile : un graphisme spécifique. La lecture de ces cartes à jouer dresse visuellement la carte d’un itinéraire inédit dans un paysage lointain, et la forme abstraite d’un visage disparu.

Quand on a lu une carte du paquet, on la pose sur une table, en la retournant (au contraire du jeu de memory), selon un ordre et une disposition sur laquelle je dois encore travailler en fonction du dos des cartes, avec l’idée qu’à la fin du récit, on obtient une image composée à partir de l’ensemble des visuels visibles au dos des cartes retournées. A la fin de sa lecture (qui forme un parcours, son cheminement dans le récit), la sélection des cartes choisies compose une image différente suivant les cartes retenues, et indique le chemin suivi comme le ferait la carte d’un parcours. Cette image ainsi composée (par le hasard des cartes battues et du sens de l’histoire restituée), forme un portrait en creux.

Une installation sonore (associée à des lectures avec tirage aléatoire du texte (comme au cipM à Marseille) et des performances régulières (sous forme de visites guidée, notamment). À partir des enregistrements des fragments du texte. Dialogue d’un homme et une femme, entre le jour et la nuit (comme celle de La Commanderie à La Commande).

Un dispositif interactif accessible depuis un site Internet responsive qui permet de lire en en écoutant le récit tout en marchant dans l’espace même de son déroulement (L’île Saint-Louis), qui propose une écoute mobile de l’histoire, et qui permet d’éditer selon le chemin suivi, un récit inédit, un parcours poétique différent des autres).

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