Historique

Les Lignes de désir est au départ un work in progress de Pierre Ménard dont l’écriture a commencé en 2010 dans le cadre d’une résidence d’écrivain de la Région Île-de-France.

Un texte qui résulte de la contrainte d’une écriture en ligne, réalisée directement sur Internet, depuis cinq ans, associant dans une construction par affinités de timbres, échos, contrepoints, par tensions, intensités des textes écrits à partir d’ateliers d’écriture sur la ville, de descriptions urbaines par le biais de séries photographiques, de réflexions sur les lignes de désir et la sérendipité, de faits divers et d’inventaires urbains, de récits de promenades géolocalisés, dérives et chemins de traverses, des micro-fictions et d’un journal de travail et de séries de textes écrits autour de visuels de visages sur Tumblr, et dont le dispositif a pour but de permettre progressivement la création d’une fiction à lecture non-linéaire et circulation aléatoire. Le récit n’est pas celui d’un voyage, mais de récits brefs au sein d’un récit, le voyage permettant cette enchâssement d’histoires, coupures, recoupes, pauses qui font éclater la continuité du récit, à partir de l’expérience quotidienne de la ville, dans la rumeur du monde qui nous entoure, le flux incessant des rues, des passants, les trajets et leurs traces.

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Trans Europ Express, Alain Robbe-Grillet, 1966

Ce texte se compose dès le départ d’une suite de monologues qui se font échos parfois dialoguent ou s’interrompent, écriture mosaïque, micros-fictions, ressassement de mots en mouvement dans le sens d’une marche en avant, dans le bruissement, la rumeur de la ville, son quotidien, non pas le spectaculaire de l’actualité mais ce qu’on ne voit pas puisqu’on y est immergé.

Une histoire simple, la traversée d’une ville et tous les souvenirs liés aux lieux traversés, ravivant la mémoire d’une histoire d’amour, des lieux dans laquelle celle-ci s’est déroulée, et dont le personnage principal, en quête de celle qui a disparu, tente d’en retrouver la trace. Le site Internet a été dès l’origine de ce travail conçu comme espace de diffusion mais également d’expérimentations sonores, visuelles, et multimédias.

Ce texte a donné lieu à des publications imprimées, dans la revue L’étrangère, en 2010, ou l’ouvrage collectif Lectures et médiations numériques. Écritures et lectures numériques : paroles d’auteurs, paru en 2013 aux éditions Ebk/Cellam, ainsi qu’à de nombreuses mises en ligne régulières sur mon site Liminaire, à la rubrique Les lignes de désir, mais également sur le site de la revue Remue.net, sur des blogs et sites d’auteurs (Arnaud Maïsetti, Christine Jeanney, Guillaume Vissac).

De nombreuses présentations publiques, performances et lectures du texte en cours d’écriture ont eu lieu entre 2009 et 2015.

Les ateliers de création que j’anime depuis 2010 pour les élèves de 1ère et de 2ème année de Sciences Po, m’ont également permis d’avancer dans la conceptualisation de mon projet, notamment sur les questions d’élaboration d’un récit numérique collaboratif et d’une pièce sonore (à partir des textes écrits en atelier, puis diffusés sur le réseau Twitter et de leur lecture par les élèves), d’écriture d’un récit collaboratif sur la ville telle qu’elle apparaît sur Street View, les fragments des récits et micro-fictions lus par les étudiants étant ensuite géolocalisés et disséminés dans la ville, par le biais de QR codes reproduit sur des autocollants, et de composition (montage et mixage) d’un récit sonore collectif.

L’opportunité de proposer deux extraits de ce texte en cours d’écriture, sur France Culture, dans l’émission de Thomas Baumgartner, Les Passagers de la Nuit, séquence 2 voix 5 minutes, en quatre épisodes, est un moment important du projet qui le fait réellement basculer dans sa dimension sonore et transmédia.

Un premier extrait, La Nuit Litanie, lu par les acteurs Christelle Tual et Laurent Poitrenaux, enregistré au Studio 117 par Olivier Dupré, ingénieur du son, et réalisé par Véronik Lamendour, a été diffusé en octobre 2009.

Un second extrait de ce texte, Les lignes de désir, lu par les comédiens Rebecca Stella et Olivier Claverie, dans une réalisation d’Anne-Pascale Desvignes, a été diffusé en juin 2010.

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Walking the Edit, Ulrich Fischer

La découverte fin 2011 du projet Walking the Edit d’Ulrich Fischer, un dispositif artistique qui permet de composer un film en déambulant à travers la ville, de marcher son film, est un révélateur. J’entrevois tout de suite les possibilités d’une adaptation de ce dispositif.

Je profite de sa présence à la Cité Universitaire Internationale de Paris, à l’occasion de la présentation du projet Heritage Experience, un service numérique culturel innovant dédié à la valorisation du territoire et du patrimoine, basé sur une application iPhone innovante, pour prendre contact avec lui. Nous nous rencontrons quelques jours plus tard pour discuter du projet encore très vague à l’époque, d’une version des Lignes de désir, utilisant son application Memoways, un dispositif logiciel permettant à des producteurs de contenu de proposer des services numériques innovants pour des situations en mobilité.

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Géolocalisation du texte sur Storymap

Après avoir continué à écrire les fragments du texte, mis au point la structure du récit et sa localisation sur l’Île Saint-Louis, j’ai repris contact avec Ulrich Fischer en 2015, pour lui exposer l’avancé de mon projet et lui proposer de travailler ensemble sur sa réalisation. Il a accepté de m’accompagner.

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