Tentative d’épuisement d’un lieu parisien : Place Stalingrad

L’année dernière j’avais suivi en ligne, sur le site de micro-blogging Twitter, l’expérience initiée par Thomas Baumgartner de Twentative d’épwisement d’un lieu parisien qui s’inspire directement du texte de Georges Perec : Tentative d’épuisement d’un lieu parisien.

En octobre 1974 Georges Perec s’est installé pendant trois jours consécutifs place Saint-Sulpice à Paris. A différents moments de la journée, il a noté ce qu’il voyait : les événements ordinaires de la rue, les gens, véhicules, animaux, nuages et le passage du temps. Des listes. Les faits insignifiants de la vie quotidienne. Rien, ou presque rien. Mais un regard, une perception humaine, unique, vibrante, impressionniste, variable, comme celle de Monet devant la cathédrale de Rouen.

arton595

J’ai demandé aux participants de la quatrième séance de l’atelier d’écriture sur la ville que je mène dans le cadre de ma résidence d’écrivain, de décrire ce qu’il voyait, place de Stalingrad à Paris, par écrit (et pour certains en prenant des photographies) du lieu où ils se trouvaient (un café de la place chacun) pendant une heure. Pendant ce temps-là j’ai pris des photos de la place, réalisé un enregistrement sonore et twitter l’expérience.

Quelques tweets pendant l’atelier d’écriture :

4e atelier d’écriture sur la ville, aujourd’hui Place Stalingrad, à partir de 14h. : Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

Place Stalingrad, début de l’opération d’épuisement du lieu, une manif se prépare. Pour les sans papiers…

C’est l’attente, comme avant un orage, une grande banderole écrit noir sur fond blanc et des cordons de sécurité tout autour

Manifestation « No borders » place Stalingrad http://twitpic.com/1nzjjq

Au tabac, à côté de chez Damien primeur, une bonne odeur de pop-corn

Personne n’a été écrire au Rond-Point, au resto de la gare ni au Conservatoire. Pourquoi ?

Une fois la manifestation partie, cortège d’une cinquantaine de personnes (combien selon la police ?), retour aux bruits de la ville

Pas le temps d’aller saluer Thierry Théolier qui discute en charmante compagnie au café Jaurès

Grand brassage de population en ce lieu ce samedi, premières notes de musique venant de la place, un bébé pleure, passe un métro

Les passants prennent le soleil en regardant une péniche passer l’écluse #telp http://twitpic.com/1nzp10

C’est une place au centre de laquelle on ne passe qu’en transport en commun : voiture, métro, bus. Pour flâner c’est en périphérie.

Dans le brouhaha ambiant (moteurs, conversation, musique), difficile d’entendre les oiseaux chanter, ils sont là, avec le soleil.

Police nationale // Franchissement interdit // écrit noir sur fond rouge et blanc.

La terrasse du Cadran bleu crée un embouteillage de passants devant le passage piéton qui mène au canal. Babel de langues et d’accents.

« Elle l’a appelé Achille son gamin. Achille, quand même ! »

La séance d’écriture s’achève bientôt, difficile de prendre des photos, enregistrer des sons, et twitter l’ensemble.

Le temps se couvre, est-ce un signe ? Les nuages au-dessus du métro aérien. J’entends : »Là c’est un mauvais plan ! »

Bruit du métro, c’est comme à la mer. Pas synchrone en tout cas avec le sens de la circulation rythmé par les feux du Carrefour.

Fin de l’expérience de twentative d’épuisement d’un lieu. Maintenant on va enregistrer les textes des participants à l’atelier.

Publicités